AS Caluire Volley-Ball — Saison 2025–2026 Bilan annuel · Filière Féminine
ASCVB Féminin — Saison 2025–2026
Six équipes. Un élan. Une filière qui s'affirme.
Bilan de saison · Filière féminine · Juin 2026
Certaines saisons s'oublient dès le coup de sifflet final. D'autres s'impriment durablement dans l'identité d'un club, dans sa mémoire collective, dans la façon dont il se raconte à lui-même. La saison 2025–2026 de l'AS Caluire Volley-Ball appartient clairement à la deuxième catégorie — et ce, pour des raisons qui dépassent largement les tableaux de classement.
Six équipes féminines sur les terrains cette année. Six groupes aux profils différents, aux contextes distincts, aux défis propres. Et pourtant, quand on observe la saison dans sa globalité, une seule et même direction se dessine. Du côté de la Prénationale qui décroche sa montée historique en Nationale 3 jusqu'aux M11 qui font leurs premières armes en Coupe de France, c'est une filière entière qui a changé de dimension. Pas par hasard. Par travail acharné, par cohésion construite dans la durée, par une ambition collective qui s'est nourrie à chaque journée de compétition.
Ce bilan annuel ne cherche pas à lisser les aspérités ou à transformer chaque résultat en victoire symbolique. Il cherche à raconter ce qui s'est vraiment passé — les réussites éclatantes, les défis surmontés, les promesses qui dessinent déjà les saisons à venir. Six histoires à lire, une filière à comprendre.
01 · Prénationale F → Nationale 3
Titre unifié. Montée historique. Une ère nouvelle commence.
Ce qu'Eved Beaufrère a construit avec ce groupe ne se résume pas à des chiffres — même si les chiffres, justement, parlent fort. 14 victoires en 16 rencontres. 43 points au compteur en fin de saison. Première place de la Poule A de la Ligue ARA, avec une avance confortable sur US Saint-Egrève et CASE VB 2. Et surtout, couronnant le tout : un titre unifié de Prénationale qui restera dans les annales du club, un de ceux dont on parle encore des années après.
Mais si l'on veut vraiment comprendre cette saison, il faut aller chercher au-delà des victoires. Il faut revenir aux premières semaines de travail avec Eved Beaufrère, à ce moment où quelque chose a commencé à changer dans le vestiaire. Une exigence nouvelle dans la préparation. Une rigueur dans la lecture du jeu. Une confiance collective qui s'est installée progressivement — et qui ne s'est jamais érodée, même lors des deux seules défaites de la saison, concédées contre Aubenas et contre Chambery. Ces deux revers auraient pu entamer la certitude du groupe. Ils n'ont rien changé. Ce collectif savait exactement où il allait.
L'alchimie de cette équipe a reposé sur un équilibre fascinant, presque rare à ce niveau, entre deux formes d'énergie complémentaires. D'un côté, Margot Alliod — l'expérience incarnée, la référence autour de laquelle tout s'organise dans les moments de vérité, celle dont la présence sur le terrain dit aux autres que la situation est sous contrôle. De l'autre, les deux Maëlles — Walter et Bussière —, débordantes d'énergie, audacieuses dans leurs prises de risque, incapables de concevoir qu'un point soit perdu sans qu'elles aient tout tenté pour l'emporter. Entre la sérénité de l'expérience et la fougue de la jeunesse, ce groupe a trouvé son rythme de croisière — et ne l'a presque jamais perdu sur l'ensemble de la saison.
La Nationale 3 attend désormais Caluire. Et si la montée récente des hommes vers la N2 donne une indication sur la capacité du club à mener ce type de projet jusqu'à son terme, il y a toutes les raisons d'aborder ce nouveau chapitre avec un optimisme mesuré mais réel. Ce n'est pas une arrivée. C'est un nouveau départ — le plus ambitieux de l'histoire de la filière féminine.
14V – 2D · 43 pts · 1ère place · ↑ Nationale 3
02 · Division 1 Seniors F — Comité Ain
Seize victoires. Deux défaites. Mais surtout : un caractère hors norme.
Lire « 16 victoires en 18 journées » et passer à autre chose, ce serait passer à côté de l'essentiel. Ce serait lire le résultat sans lire l'histoire. Car la saison de la Division 1 féminine, pilotée avec constance et intelligence par Elias Guillot, n'a pas été un long fleuve tranquille. Elle n'a pas été la saison d'une équipe qui domine sans forcer. Elle a été une saison d'obstacles, de résistance, de solutions trouvées là où il n'y en avait pas d'évidentes — et c'est précisément ce qui la rend remarquable.
Les blessures se sont accumulées en cours de route, au moment où on les attendait le moins. Les rotations ont été contraintes par les absences, les plans bousculés, les certitudes remises en question à plusieurs reprises. Il a fallu faire confiance à des joueuses moins rodées que prévu, ajuster les systèmes de jeu en permanence, maintenir un niveau de performance collectif élevé malgré des effectifs parfois diminués. Ce groupe l'a fait. Match après match, sans se plaindre, sans chercher d'excuses — en trouvant des solutions.
Les deux confrontations face à Lyon PESD — seul club à avoir pris des points sur Caluire cette saison — méritent qu'on s'y attarde longuement. Ce ne sont pas de simples défaites inscrites dans un tableau. Ce sont deux moments de vérité qui ont dit quelque chose d'important sur ce groupe. En journée 7, défaite 3-1 dans un match maîtrisé par l'adversaire. En journée 16, défaite 3-2 après un set décisif disputé à 15-7 — un écart qui, sur le papier, paraît net, mais qui dans la réalité du match, ne s'est joué qu'à quelques détails. Ces deux rencontres ont confirmé une chose que les joueuses d'Elias Guillot savaient déjà : Caluire appartient pleinement à ce niveau. Et le palier suivant n'est pas une chimère.
La deuxième place finale — 49 points, bilan presque parfait sur 18 journées — est une récompense pleinement méritée pour une équipe qui a su performer dans l'adversité autant que dans la sérénité. L'espoir d'une accession à la Régionale féminine est dans les esprits. Et après une saison de ce calibre, ce serait la juste suite logique d'un projet qui mérite de monter encore.
16V – 2D · 49 pts · 2ème place
03 · M18 Féminines — Niveau 1
Une saison de fondations. Les éclairs ont suffi à montrer le potentiel.
La huitième place au classement final ne dit pas tout. Elle dit même assez peu, si l'on veut vraiment rendre compte de ce que cette saison a représenté pour ce groupe. Pour comprendre ce que les M18 féminines ont traversé et construit en 2025–2026, il faut commencer par poser le contexte dans lequel elles ont évolué — et comprendre pourquoi ce contexte rendait la tâche particulièrement complexe dès le départ.
Romain Girard découvrait lui-même son premier exercice à ce niveau de responsabilité. Jeune entraîneur, engagé — mais sans le recul que donnent plusieurs saisons de compétition à ce degré d'exigence. Et le groupe qu'il avait en face de lui était l'un des plus hétérogènes de la filière : des profils très disparates, des niveaux techniques qui variaient significativement d'une joueuse à l'autre, des automatismes collectifs encore largement à construire. Faire fusionner tout cela dans une équipe capable de performer régulièrement en Niveau 1 — c'est un défi qui ne se résout pas en quelques semaines.
La saison a donc démarré lentement, comme on pouvait s'y attendre. Les premiers matchs ont mis en lumière les lacunes, les décalages, les moments où le collectif n'était pas encore au niveau de ses ambitions individuelles. Cela aurait pu décourager. Cela n'a pas découragé.
Parce qu'à partir d'un certain moment — par séquences, par instants lumineux, de façon encore irrégulière mais déjà significative — quelque chose s'est mis en place. Contre PESD à l'aller, contre Meyzieu au retour, des passages de jeu d'une vraie qualité ont émergé. Des combinaisons construites, des prises de décision rapides, une intensité défensive collective qui, pendant quelques rallyes, a rappelé ce dont ce groupe était capable quand tout s'alignait. Ces moments ne sont pas des anecdotes. Ils sont les premières preuves concrètes que le travail porte ses fruits — lentement, mais sûrement.
Le bilan est lucide, les axes de progression clairement identifiés. Ce groupe reviendra la saison prochaine avec davantage de cohésion, de repères communs et d'ambition. La promesse est là, réelle, palpable. Il ne manque plus que le temps pour qu'elle se transforme en constance.
3V · 8ème place · Groupe en construction — fondations posées
04 · M15 Féminines — Niveau 2
La révélation de la saison : elles ont grimpé d'un niveau et en ont redemandé.
Il y a un an, elles évoluaient en Division 3. C'était leur niveau, leur cadre, leur zone de confort acquis au fil des matchs. Cette saison, Kenny Leon-Prosper les a emmenées en Niveau 2 — et ce qui s'est passé ensuite mérite d'être raconté avec précision, parce que la progression de ce groupe est l'une des plus belles histoires sportives de la filière féminine cette année.
Dès les premières journées, quelque chose a frappé les observateurs : ces joueuses n'avaient pas l'air de découvrir un niveau supérieur. Elles avaient l'air de s'y installer. L'appétit avec lequel elles ont abordé les rencontres à haute intensité, les adversaires coriaces, les formats de compétition plus exigeants que tout ce qu'elles avaient connu auparavant — tout cela trahissait une maturité surprenante pour leur âge. La cinquième place finale, avec six victoires inscrites au compteur, est une récompense qui sonne juste.
Ce qui a fait la différence tout au long de la saison, c'est le caractère collectif du groupe. Dans les sets serrés — ces moments où d'autres auraient pu lâcher, où la pression aurait pu faire douter —, il y a eu de la résistance. Un refus de se soumettre à l'adversité. Une conviction partagée que chaque balle jouée à pleine intensité pouvait renverser une dynamique. Kenny Leon-Prosper a créé cet environnement, et ces joueuses l'ont habité pleinement.
La nuance honnête mérite d'être posée, parce qu'elle sert l'avenir autant qu'elle complète le bilan : dans les moments les plus décisifs, dans ces instants où un match bascule, il faudra encore gagner en tranchant mental, en agressivité revendiquée. L'instinct du chasseur, cette capacité à mettre le pied sur la gorge d'un adversaire fragilisé — ça ne s'improvise pas, ça se développe avec l'expérience et la confiance. Et ces joueuses ont exactement ce qu'il faut pour y parvenir. Ce n'est pas un défaut. C'est simplement la prochaine marche à franchir — et tout indique qu'elles la franchiront.
5ème place · Niveau 2 · ↑ depuis la Division 3 · 6V
05 · M13 Féminines
Poule mixte, égalité à toutes les balles, et un avenir qui s'annonce radieux.
Ce que les M13 féminines ont accompli cette saison dépasse largement le cadre d'un classement. Intégrées à une poule mixte — garçons et filles réunis sur les mêmes terrains, compétant sur le même pied d'égalité stricte — elles auraient pu se contenter d'exister, de participer, de faire bonne figure. Elles ont fait bien mieux que ça.
Face à des adversaires masculins souvent plus physiques, parfois plus expérimentés dans certains fondamentaux, ces jeunes volleyeuses ont montré une chose essentielle et trop rarement dite à voix haute : à 13 ans, la question du genre n'est pas une problématique. C'est une non-question. Et elles l'ont prouvé point après point, set après set, en allant chercher des victoires, en construisant des échanges complexes, en affichant une lecture tactique et une rigueur dans l'exécution qui contrastent avec leur âge.
Ces M13 ne jouent pas pour exister. Elles jouent pour gagner — et la nuance est énorme. Il y a dans ce groupe une ambition tranquille, une façon de se présenter sur le terrain sans complexe et sans arrogance, qui augure très bien de la suite. La filière féminine jeune du club a trouvé en elles l'un de ses visages les plus enthousiasmants du moment.
Et la dynamique ne s'arrête pas là. Les M11 qui poussent fort derrière amplifient ce sentiment d'une filière en pleine santé, d'une génération qui arrive avec des bases solides et une envie immense de progresser. La cohérence entre ces catégories, la façon dont elles se nourrissent mutuellement, permettent au club d'aborder l'avenir de ses jeunes féminines avec une sérénité absolue. Ce groupe-là aura encore plus fière allure la saison prochaine. Et la suivante encore davantage.
06 · M11 Féminines
Maélia, Joséphine, Opale, Zoé — et une énergie qui dit tout sur ce club.
Pour prendre le vrai pouls d'un club, il ne faut pas toujours regarder les résultats des équipes premières — même si, cette saison, ils parlent d'eux-mêmes avec éloquence. Il faut regarder ses plus jeunes. Il faut observer cette énergie brute, cette innocence totale, cet enthousiasme sans calcul de celles qui découvrent le ballon, le filet, le collectif, et la magie de jouer ensemble pour la toute première fois. C'est là que se fabriquent les clubs sur la durée. C'est là que tout commence vraiment.
La saison 2025–2026 a révélé un quatuor engagé en Coupe de France qui a une allure formidable. Maélia. Joséphine. Opale. Zoé. Quatre prénoms qui méritent d'être écrits en toutes lettres, parce que derrière chacun d'eux se cache une personnalité singulière, une façon propre d'aborder le jeu, une manière unique de contribuer à ce qui se construit ensemble. Mais un seul ADN les réunit toutes : l'abnégation, l'attitude, cette envie viscérale de faire partie de quelque chose qui les dépasse.
Ce groupe de travailleuses acharnées et surmotivées incarne exactement ce que l'AS Caluire Volley-Ball a toujours voulu construire — des joueuses, certes, mais d'abord des personnes. Des personnes qui apprennent à travailler en équipe, à gagner et à perdre avec la même dignité, à revenir la semaine suivante avec encore plus d'envie que la précédente. Chaque entraînement est une occasion qu'elles saisissent à bras le corps. Chaque match est une aventure qu'elles vivent pleinement, sans retenue, sans calcul.
Ces M11 ne se contentent pas de venir à la salle. Elles investissent. Elles donnent. Elles reviennent. Et dans ce retour semaine après semaine, dans cet engagement qui ne faiblit pas, dans ces yeux qui brillent encore à la fin d'une séance de deux heures — il y a la promesse la plus sincère que l'histoire de la filière féminine de l'ASCVB est très loin d'être terminée. Derrière chaque grande joueuse formée dans ce club, il y a eu un moment exactement comme celui-là : un gymnase, un premier service, et une envie immense de recommencer.
L'avenir a onze ans. Et il n'a pas fini de grandir.
Bilan global
Une filière, six histoires, une seule direction.
Ce qui rend la saison 2025–2026 véritablement remarquable, ce n'est pas un résultat isolé, aussi brillant soit-il. Ce n'est pas la montée en Nationale 3, aussi historique qu'elle soit. Ce n'est pas non plus le bilan presque parfait de la Division 1, ni la progression spectaculaire des M15. C'est la cohérence de l'ensemble — cette façon dont chaque équipe, chaque groupe, chaque génération contribue à quelque chose de plus grand qu'elle-même.
De Maélia qui brandit son premier service en Coupe de France à l'équipe première qui grimpe en N3, chaque étage de la filière a joué son rôle cette saison. La montée historique de la Prénationale n'aurait pas la même saveur sans le caractère des patronnes de la Division 1, qui ont tenu bon sous la pression et dans l'adversité. Elle ne résonnerait pas de la même manière sans la frustration constructive des M18, qui ont posé des fondations solides pour la saison suivante. Sans la progression magnifique des M15, qui ont montré qu'on peut grandir d'un niveau et y trouver sa place. Sans le sérieux conquérant des M13, qui ont prouvé que la compétition mixte n'est pas un obstacle mais une chance. Sans la vitalité explosive des M11, qui rappellent chaque semaine pourquoi on joue au volley-ball.
Ces histoires ne se déroulent pas en parallèle, chacune dans son coin. Elles se nourrissent mutuellement. Elles partagent des gymnases, des entraînements, des regards complices dans les couloirs, des valeurs transmises de génération en génération. C'est ça, une filière. Ce n'est pas une collection d'équipes. C'est un projet commun, une culture partagée, une façon de concevoir le sport qui va bien au-delà des résultats du week-end.
Ce club ne monte pas simplement en Nationale 3. Il monte en puissance — toute la filière avec lui, toutes les générations embarquées dans le même élan. Et la meilleure nouvelle de cette saison 2025–2026, c'est que tout ce qui a été bâti cette année n'est pas une conclusion. C'est un point de départ — le plus solide, le plus prometteur que la filière féminine de l'ASCVB ait jamais connu.
ASCVB · Saison 2025–2026 · Ce n'est pas une fin. C'est le début de quelque chose de grand.